Condrieu & Côte-Rôtie / La Vie en Magnum

C'est l'heure où la lumière devient vibrante et les images légèrement floues... Entre chien et loup, François Villard circule entre les convives de la soirée de clôture de Découverte en Vallée du Rhône, magnum à la main pour faire déguster de vieux millésimes de Condrieu.

 

 

2004, 2008, 1998, 1996, millésimes et lieux dits s’enchaînent et, selon la tonalité de l’année (chaude ou froide), l’expression du viognier « regarde vers la Bourgogne ou le Sud » comme le dit très justement pour la syrah Christophe Semaska, du domaine éponyme et président de l’appellation jumelle, Côte-Rôtie. Autre parallèle découlant de cette dégustation impromptue, est que le viognier peut être aussi un cépage de garde.

 

Bien au-delà des 5 ans préconisés par l’appellation, on retrouve dans ces viogniers 20 ans plus tard encore beaucoup de fraîcheur, Les Terrasses du Palat en 98 (année à tendance froide) tirant vers les sous-bois et la truffe alors que De Poncins en 96 (année plus chaude) a évolué vers des notes de fruits exotiques très mûrs comme la mangue.

 

 

Plus jeune, le cépage peut aller vers la cire d’abeille comme dans Les Chaillets de l’Enfer (2014) du Domaine Georges Vernay ou ceux d’Yves Cuilleron (dont la régularité dans les vinifications m’étonne toujours — je ne me souviens pas avoir jamais dégusté une seule mauvaise de ses cuvées toutes appellations confondues) ou des notes miellées comme dans cette Caresse (2105) de Christophe Pichon, président de l’appellation, qui rappelle les deux tendances organoleptiques des Condrieu, le fruité ou sur la minéralité, de cette appellation qui, précise-t-il, à bien failli disparaître à la fin des années 70 où elle ne représentait plus que 10 hectares.

 

 

C'est pour cela que la reconquête de ses appellations sœurs s’est faite à travers une « viticulture d’art » rappelle Christophe Semaska car ces vignobles escarpés où aucune mécanisation est possible requièrent un engagement total et de longs temps d’élevage (en ce qui concerne la Côte-Rôtie). Des vignerons sculptant leurs vignes et taillant leurs cuvées comme autant de pierres précieuses, comme ces deux pépites dégustées, l’une, que l’on ne présente plus, à la dernière master class de Découverte en Vallée du Rhône à Ampuis consacrée à cette « côte rôtie par le soleil », la granitique Maison Rouge (2014) du Domaine Georges Vernay — un infanticide d’acidité et de tension digne de Gille de Rais — l’autre, plus confidentielle, Les Rochins (2014) chez son producteur, la famille Garon, au pied de la colline du Mollard (ci-dessous) — un fruit défendu en bouteille !

 

Pépites qui, comme toutes les précédentes, mériteraient largement que ces appellations jumelles leur consacrent une oenothèque… En magnum bien sûr !

 

 

 

 

 

 

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