Gruaud Larose 1989 / Saint Julien

16/02/2015

 

Malgré un vocabulaire parfois commun (jus, arômes…), le monde du vin et celui du parfum restent des « faux-amis ». D’où toute la difficulté lorsqu’un « nez » doit décortiquer la « fragrance » d’un vin avec son « orgue » de parfumeur. C’est pourtant ce que Jean Merlaut, propriétaire du château Gruaud Larose (second grand cru classé dans l’appellation Saint-Julien), mais également de ceux de Malagar et de Dudon dans le Bordelais, a demandé à la créatrice de parfum sur mesure, Stéphanie de Bruijn, pour quatre millésimes du célèbre château, 2011, 2001, 1989 et 1964… Une verticale olfactive pour cerner l’esprit du grand cru, dévoilée lors d’une soirée ludique avec en fond les bassins ressuscités de la piscine Molitor.

 

 

La dégustation, olfactive tout comme rétro-olfactive, étant toujours une expérience personnelle, Stéphanie de Bruijn note des arômes pas toujours où on les attend. Des notes de cuir (arôme tertiaire que l’on trouve plutôt sur des vins évolués), combinées à celles de maté (l’herbe du gaucho dont les Argentins raffolent en infusion) et de baume de tolu (extrait d’écorce colombienne) vanillées et beurrées pour un millésime 2011 étonnamment en place pour être si jeune.

Plus logiquement, citron bergamote, mousse d’arbre et tabac pour le puissantmillésime 2001 avec, cerise sur le gâteau ou plutôt d’ailleurs faudrait-il dire, « framboise sur le tonneau », une étonnante note finale de ce fruit rouge tout en fraîcheur, là où on ne l’attend pas.

Bourgeon de cassis, fève tonka et galbanum (plante herbacée d’Asie centrale) difficilement identifiables pour un surprenant millésime 1964 encore plein de jeunesse et une belle acidité malgré ses cinquante ans.

Mais c’est pour le millésime 1989 (un des plus beau du siècle passé dont la longueur est toujours d’actualité) que le « nez » surprend le plus en proposant une note florale, le jasmin, et celle du patchouli. Prises séparément on ne voit, ni ne sent, très bien le rapport avec ce que ce dégage le vin, mais combinées, les deux notes permettent d’entrevoir un chemin.

 

Parfum sur mesure pour millésime d’exception

 

Chemin que Jean Merlaut, sensible aux odeurs végétales et minérales et tout particulièrement à celles que dégage la terre mouillée lorsqu’il se promène dans ses vignes, a demandé au parfumeur d’approfondir. Stéphanie de Bruijn l’a enrichi de bois de cèdre et Gaiac ainsi que d’ambre et de musc jusqu’à obtenir un jus à dominante d’encens.

Et s’il est illusoire d’espérer retrouver la fragrance d’un vin dans un parfum, on se souvient des Eaux sanguines de Philippe di Méo, l’expérience est toujours belle car il s’agit de « l’interprétation » d’un vin, qui, comme celle d’un soliste, ne manquera pas de marquer notre imaginaire.

 

Si vous souhaitez faire cette expérience oeno-olfactive, un coffret réunissant les deux est en vente au domaine qui inaugurera dès avril son nouvel espace oeno-touristique, avec une tour contemporaine de 18 mètres de haut, faisant pendant à celle du château, et une vue imprenable sur le vignoble médocain et l'estuaire de la gironde.

 

 

 

400€ le coffret

Château Gruaud Larose

F-33250 SAINT JULIEN BEYCHEVELLE

http://www.gruaud-larose.com

 

http://www.liquidesimaginaires.com/

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